lundi 6 avril 2009

L'Aven Mazia -VII- La Coincidence

[Vers l'Institut d'Elzine]

« Dommage qu’cette fichue chariotte est couverte !!! Vous pouvez même pas profiter du soleil » Le grand Olaf a jeté l’information pour faire rager ses passagers, et non mécontent du peu, il rajoute : « … Et quel soleil !!! Pas un nuage… ».

Midow, qui est parvenu avec tout le mal du monde à s’asseoir, n’a pas manqué la provocation :

« Tu parles…erf…erf… déjà on dit SOIT couverte… que cette fichue chariotte SOIT couverte…erf…erf… et puis… pour ce que t’en fais du soleil… »

Olaf reprend Midow avec vigueur:

« Quoi qu’est qu’j’en fait du soleil ?! »

« Et bien…erf…erf…ses rayons ne t’rendent pas plus futé ! »

« ‘Tain… si t’étais pas tout sec, j’t’arrêterai la chariotte pour t’casser une dent. T’as d’la chance qu’t’arrive pas à t’nir d’bout… »

Midow rumine des injures à voix basse, conscient de son infériorité physique, puis reprend :

« … la prochaine fois…erf… c’est toi qui les mange les herbes du vieil homme, et c’est toi qui va jouer au papa… » A peine Midow a-t-il achevé sa phrase, qu’il réalise sa maladresse. Elision fait mine de ne pas avoir été plus heurtée que cela et fixe le plancher du chariot. Merry-Di lui lance un regard sévère, puis sort un morceau de pain pour le tendre à la fille.

« Tiens, tu dois avoir faim… »

Elision lève les yeux sur l’aliment. La tentation est grande et son corps réclame pour sa survie. Elle observe un instant Merry-Di comme pour gagner une forme de confiance, puis prend furtivement le bout de pain pour mordre dedans, faisant fi des remerciements de guise. La femme se veut rassurante, dévisage la petite fille amaigrie par la famine. Ses mèches blondes tombent sur son visage salit par plusieurs semaines sans la moindre hygiène, comme tout vivant de la décheu.

Elle n’imagine pas la valeur qu’elle peut avoir. Merry-Di elle-même l’ignore, mais Doppel’Anger lui a dit de veiller sur elle comme sur le plus grand trésor du monde, jusqu’à ce qu’il les rejoigne à l’Institut d’Elzine. Alors, pour rien au monde elle ne voudrait manquer à cette charge. Elle s’assoie à côté d’Elision, qui ne sourcille pas à sa proximité. Elle s’attend à devoir répondre à mille et une questions : « où allons nous… qui êtes vous… qui est le vieil homme », mais rien ne sort de la bouche de l’enfant, comme si son destin n’était pas de son fait. Elle semble au dessus de ces conceptions, ailleurs… ou peut-être a-t-elle simplement besoin de temps pour réapprendre la confiance. Elision bascule doucement sur l’épaule de Merry, laissant le morceau de pain lui échapper des mains et se fondant de nouveau dans le sommeil…

« La pauvre » dit Midow. « Elle est morte de fatigue. »

Le noir parfait laisse apparaître la brume, puis un visage. Des traits similaires à celui d’Elision. « Papa…Papa ». Un grondement résonne. Une foule dégénérée arrive, armée de fourches pour frapper une couronne. D’autres, sans visage, à l’âme plus sombre, frappent à la porte de la maison. Personne ne bouge, puis un hurlement. L’enfant est à genou sous les nuages rougeoyants. Elle a peur, elle tremble et a besoin d’aide. Ils veulent tuer son père déjà malade. Elle saisit du sable à même le sol puis le jette sur ces visions mais rien n’y fait. Ses mains se crispent, son visage se défait de tout espoir et les larmes lui viennent aux yeux. Elle crie, puis pleure de désespoir. Ses larmes tombent du ciel, frappant plus fort que la pluie. Plus fort que toutes les pluies…

« La pluie !!! Nom d’zou ! Y’avait pas un nuage tout à l’heure et qu’là v’là d’un coup une averse d’pluie ! » La scande d’Olaf a sorti du sommeil l’enfant en sueurs. Merry-Di est toujours à côté d’elle et la sert contre elle pour qu’elle ne prenne pas un mauvais rhume. Midow, quant à lui, éclate de rire puis raille de son compagnon :

« Tu vois, l’soleil, faut l’mériter ! Ah ah ah ! »

Olaf, trempé, manque de s’énerver, puis finit par éclater de rire nerveusement, se résignant à donner raison à Midow. Forcé par l'averse qui bat son plein, il accélère la course des chevaux. L’Institut d’Elzine n’est plus très loin…

3 commentaires:

Lalwende a dit…

Juste avant d'aller me coucher, je repasse ici et que vois-je? Déjà une suite, je suis comblée, je vais pouvoir aller faire de beaux rêves :)

Douce nuit...
^-^

Karine a dit…

Pas trop en etat de lire mais l'impatience de connaitre la suite l'emporte. Je relirai mieux demain. Ton style est toujours aussi agreable; j'en veux encore (même si l'offrande est généreuse ce soir).
gros bisous de ronchin ;o)

Mamie Accordéon a dit…

pas d'élèves donc je suis devant un ordinateur, c'est toujours aussi chouette :D bisous